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Directive REC : ce que les entités critiques doivent faire maintenant

Les règles européennes sur les entités critiques sont désormais inscrites dans la loi en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, et en cours d’examen au Parlement en France. Elles demandent aux exploitants de faire pour les menaces physiques ce que NIS2 exige pour le cyber : évaluer le risque, protéger, détecter, réagir — et notifier dans les 24 heures. Ce que ces règles exigent, où en est chaque pays, et ce que cela change en salle de contrôle.

Par Meridian Technologies

En bref

La directive sur la résilience des entités critiques (REC, ou CER en anglais) — directive (UE) 2022/2557 — a remplacé les règles de 2008 sur les infrastructures critiques européennes. Entrée en vigueur le 16 janvier 2023, elle devait être transposée au plus tard le 17 octobre 2024. Là où NIS2 traite de la cybersécurité, REC couvre tout ce qui, par ailleurs, peut interrompre un service essentiel : sabotage, terrorisme, catastrophes naturelles, accidents et menaces hybrides — pour reprendre les termes de la directive, les risques « naturels ou d’origine humaine, accidentels ou intentionnels ».

Les États membres devaient recenser leurs entités critiques au plus tard le 17 juillet 2026 et le leur notifier dans un délai d’un mois. Dès la notification, le compte à rebours est lancé : 9 mois pour l’évaluation des risques, 10 mois avant que les mesures de résilience ne s’appliquent.

Pour un exploitant notifié en août 2026, cela signifie une évaluation des risques d’ici mai 2027 et des mesures de résilience en place à partir de juin 2027.

Pourquoi maintenant

Les menaces auxquelles répond la directive REC n’ont plus rien de théorique. En janvier 2026, un incendie criminel visant des câbles à haute tension à Berlin a privé d’électricité quelque 45 000 foyers et 2 200 entreprises, par endroits pendant plusieurs jours ; le parquet fédéral allemand enquête sur des soupçons de sabotage. Le service de renseignement néerlandais AIVD constate depuis l’été 2025 une hausse modérée des actes de sabotage et de leur préparation, ainsi que davantage de drones à proximité d’infrastructures vitales. En Belgique, la Sûreté de l’État (VSSE) a observé un pic des signalements de drones au-dessus d’aéroports, de sites militaires et de centrales nucléaires à l’automne 2025.

Qui est concerné

La directive REC couvre onze secteurs. Au sein de ceux-ci, chaque État membre désigne les entités dont une perturbation affecterait de manière importante un service essentiel :

  • Énergie, transports, santé, eau potable et eaux résiduaires
  • Secteur bancaire, infrastructures des marchés financiers et infrastructures numériques
  • Administration publique, espace et production, transformation et distribution de denrées alimentaires

Le secteur bancaire, les infrastructures des marchés financiers et les infrastructures numériques sont dispensés de la plupart des obligations opérationnelles décrites ci-dessous, car DORA et NIS2 les couvrent déjà (article 8). Par ailleurs, au titre de NIS2, toute entité critique désignée est également considérée comme une entité essentielle, quelle que soit sa taille.

Ce qu’une entité critique doit faire

  1. 01

    Évaluation des risques — dans les 9 mois

    Évaluer tous les risques pertinents pour le service : naturels, accidentels, hybrides et terroristes. La renouveler chaque fois que nécessaire, et au moins tous les quatre ans (article 12).

  2. 02

    Mesures de résilience — au bout de 10 mois

    Des mesures visant à prévenir les incidents ; à assurer la protection physique — la directive cite « des clôtures, des barrières, des outils et procédures de surveillance des enceintes, et des équipements de détection et de contrôle des accès » ; à réagir aux incidents, à y résister et à en atténuer les conséquences ; à se rétablir ; à gérer la sécurité du personnel ; et à sensibiliser (article 13). Ces mesures sont consignées dans un plan de résilience, et un agent de liaison est désigné.

  3. 03

    Vérification des antécédents

    Pour les personnes qui occupent des fonctions sensibles, ou qui ont accès à des locaux, à des informations ou à des systèmes de contrôle, les États membres peuvent prévoir une vérification des antécédents — au minimum l’identité et le casier judiciaire (article 14).

  4. 04

    Notification d’incident — dans les 24 heures

    Les incidents qui perturbent de manière importante le service essentiel, ou qui pourraient le faire, sont notifiés à l’autorité compétente au plus tard 24 heures après en avoir pris connaissance, suivis le cas échéant d’un rapport détaillé dans un délai d’un mois (article 15).

  5. 05

    Supervision

    Les autorités peuvent mener des inspections sur place et des audits, et ordonner des mesures correctives. Les sanctions doivent être « effectives, proportionnées et dissuasives » ; leur montant est fixé au niveau national (articles 21 et 22).

REC et NIS2 : les deux volets d’une même obligation

RègleCe qu’elle couvre
NIS2 — directive (UE) 2022/2555La cybersécurité des réseaux et des systèmes d’information : gestion des risques, notification des incidents, sécurité de la chaîne d’approvisionnement.
REC — directive (UE) 2022/2557Tout ce qui, par ailleurs, peut interrompre le service : attaques physiques, sabotage, risques naturels, accidents, menaces internes. La directive REC ne s’applique pas là où NIS2 s’applique déjà.
En pratiqueUn même incident relève souvent des deux. Une fibre sectionnée, un poste électrique en feu ou un drone au-dessus d’un site peuvent exiger une notification REC et une notification NIS2 — chacune dans un délai de 24 heures.

Où en est chaque pays

PaysSituation au 2 octobre 2026
FranceDirective pas encore transposée. Le projet de loi « Résilience » — qui regroupe NIS2, REC et DORA — a été adopté par le Sénat en mars 2025 et est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 7 octobre 2026. La Commission a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’UE en avril 2026. D’ici à l’adoption de la loi, c’est le dispositif existant des opérateurs d’importance vitale (OIV), coordonné par le SGDSN, qui s’applique.
BelgiqueLoi du 19 décembre 2025 relative à la résilience des entités critiques, en vigueur depuis sa publication, le 19 janvier 2026. Le Centre de crise national (NCCN) assure la coordination ; les autorités sectorielles ont désigné les entités au plus tard le 17 juillet 2026, et les exploitants désignés en vertu de la loi de 2011 sont devenus des entités critiques à cette date. Amendes administratives jusqu’à 100 000 €, et jusqu’à 125 000 € en cas d’entrave à une inspection.
Pays-BasWet weerbaarheid kritieke entiteiten (Wwke, loi néerlandaise sur la résilience des entités critiques), en vigueur depuis le 15 août 2026, en même temps que la Cyberbeveiligingswet (loi néerlandaise sur la cybersécurité). Environ 500 organisations, désignées par le ministre compétent pour leur secteur. Amendes jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires mondial. La Commission avait renvoyé les Pays-Bas devant la Cour de justice de l’UE en avril 2026, avant l’entrée en vigueur de la loi.
AllemagneKRITIS-Dachgesetz (loi-cadre allemande KRITIS), en vigueur depuis le 17 mars 2026. Seuil standard : une installation desservant 500 000 personnes ou plus. Les exploitants s’enregistrent auprès du BBK et notifient les incidents via le guichet de notification commun du BSI et du BBK. Le règlement qui fixe les seuils par secteur n’existait encore, pour autant que nous ayons pu le vérifier, qu’à l’état de projet. Amendes jusqu’à 1 million d’euros.

Ce que cela change en salle de contrôle

L’essentiel de la directive REC relève de la gouvernance : évaluations des risques, plans, personnes. Mais trois de ses obligations se jouent en salle de contrôle — et ce sont celles dont les exploitants ont le plus de mal à apporter la preuve.

  • Détecter, pas seulement protéger. L’article 13 vise des équipements de détection et la surveillance des enceintes, pas seulement des clôtures. Un capteur que personne ne regarde, ce n’est pas de la détection : les alarmes des clôtures, des caméras, des drones et du SCADA doivent parvenir à quelqu’un qui peut agir.
  • Savoir dans les 24 heures. Une notification initiale suppose de savoir rapidement ce qui s’est passé, où, ce qui est touché et depuis quand. Lorsque les alarmes d’intrusion, les alertes cyber et les remontées du terrain sont réparties entre des systèmes distincts, la première journée est consacrée à reconstituer la chronologie.
  • Apporter la preuve. Les autorités de contrôle peuvent auditer et inspecter. Des mesures qui n’existent que dans un plan sont difficiles à prouver ; des mesures qui laissent une trace — alarmes, interventions, journaux de ronde, décisions — ne le sont pas.
ObligationCe qu’il faut en pratique
Protection physique et détection (art. 13)Les alarmes périmétriques, les caméras et la détection de drones sur une seule carte, avec un responsable clairement identifié pour chaque alarme.
Réagir et atténuer (art. 13)L’envoi de l’agent de sécurité ou de la patrouille la plus proche à partir de la même image — avec les équipes de terrain visibles, même dans les zones blanches.
Sécurité du personnel (art. 13)Des droits d’accès et des passages de badge qui peuvent être rapprochés des événements informatiques et des événements sur site — dans les limites du droit relatif à la vie privée.
Notification d’incident (art. 15)Une chronologie qui se constitue d’elle-même pendant l’incident : événements physiques, cyber et de terrain dans l’ordre, prête pour la notification sous 24 heures et pour le rapport à un mois.
Supervision et audit (art. 21)Des enregistrements des incidents et des exercices, qui peuvent être rejoués, et un journal indiquant qui a consulté quelles informations.

Un logiciel ne rend pas un exploitant conforme. La directive REC est une obligation de gestion : l’évaluation des risques, le plan et les décisions restent les vôtres. Ce qu’une image partagée change, c’est votre capacité à détecter, à réagir et à notifier à temps — et à le prouver.

Ce que Meridian mettrait en place

Connecter
  • Les alarmes périmétriques, le contrôle d’accès et les caméras de chaque site — quelle que soit la marque
  • Les alarmes SCADA et OT, et les alertes du centre opérationnel de sécurité (SOC)
  • La détection de drones, là où elle est installée
  • La position des agents de sécurité, des patrouilles et des équipes de maintenance
  • Le registre des actifs : sites, tracés de câbles et dépendances entre eux
Construire
  • Une image de tous les sites, avec les événements physiques, cyber et de terrain sur une chronologie commune
  • Un flux de traitement des incidents : alarme → vérification par caméra ou par drone → envoi sur place → chronologie de l’incident exportée pour les notifications REC et NIS2
  • Une archive des incidents et des exercices, qui peut être rejouée pour les audits et pour l’évaluation des risques à mener tous les quatre ans
Exploiter
  • Dans la salle de contrôle, au centre opérationnel de sécurité et sur le téléphone du personnel de terrain
  • Sur les propres serveurs de l’exploitant ou dans un cloud souverain — le fonctionnement entièrement déconnecté figure dans notre feuille de route

Configuration indicative — chaque déploiement est conçu avec l’opérateur. Les systèmes sources restent là où ils sont ; la couche de données de Meridian fonctionne au sein du propre environnement de l’opérateur.

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